Il est démontré que les changements climatiques jouent un rôle majeur dans la propagation des épidémies de choléra. L’évolution des régimes de précipitations et les phénomènes météorologiques extrêmes accroissent les risques d’exposition, en particulier dans les régions où les infrastructures de santé publique sont fragiles. Une étude récente a examiné le rôle des changements climatiques dans la transmission du choléra en Afrique, le Soudan et l’Éthiopie constituant des exemples frappants (1).
Aux deux extrémités du spectre des précipitations, sécheresses et inondations, créent des conditions propices à la propagation du choléra. Les sécheresses contraignent les populations à dépendre de sources d’eau insalubres, tandis que les fortes inondations saturent les systèmes d’assainissement et augmentent l’exposition humaine à l’eau contaminée, les deux permettant la transmission de maladies hydriques telles que le choléra. Ces pressions liées au climat aggravent les vulnérabilités existantes, telles que la fragilité des infrastructures de santé, l’instabilité politique et l’accès limité à l’eau potable (1).
Au Soudan, une épidémie déclarée en septembre 2023 a entraîné plus de 8 000 cas suspects de choléra et plus de 200 décès en seulement trois mois. Les inondations ont déplacé des milliers de personnes, contaminé les ressources en eau et accru le risque de la maladie. En Éthiopie, la région Somali a, en revanche, connu une épidémie de choléra en pleine sécheresse prolongée. Près de 800 cas confirmés et 23 décès ont été recensés en seulement deux semaines, les enfants représentant environ 80 % des cas. La sécheresse en Éthiopie a entraîné une plus grande dépendance à l'égard de sources d'eau non potables, accélérant ainsi la transmission du choléra. Les sécheresses et les inondations causées par la variabilité climatique ont également été associées à la propagation du choléra dans d'autres pays africains, notamment le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe, le Kenya, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Cameroun et le Nigéria (1).
Les auteurs recommandent une réponse multidimensionnelle intégrant l'adaptation au changement climatique et les stratégies de santé publique. Cette réponse comprend le déploiement de systèmes de surveillance météorologique comme outils d'alerte précoce aux épidémies, la construction d'infrastructures hydrauliques résistantes aux inondations, l'expansion des programmes de vaccination stratégiques et le renforcement de l'engagement communautaire (1).
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1. Bekele BK, Uwishema O, Bisetegn LD, Moubarak A, Charline M, Sibomana P, et al. Cholera in Africa: A Climate Change Crisis. J Epidemiol Glob Health. 2025 Apr 30;15(1):68. doi:10.1007/s44197-025-00386-x