Entre 2024 et début 2026, le Soudan a connu une épidémie de choléra, sur fond d’un système de santé fragile, de services essentiels perturbés et de déplacements massifs de population dus à des années de conflit. Les enseignements tirés de la riposte communautaire pourraient guider d'autres pays confrontés à une instabilité similaire.
En 2024, le Soudan a connu une épidémie de choléra dans un contexte de système de santé fragile, de perturbations des services essentiels et de déplacements massifs de population dus à des années de conflit. Ces conditions propices à la transmission du choléra ont permis à l’épidémie de se propager rapidement à travers le pays. Au moment où le dernier cas a été signalé, le 14 janvier 2026, 124 418 personnes avaient été infectées et 3 573 décès avaient été recensés (1).
Dans ce contexte, une épidémie de choléra peut se propager plus vite que les mesures de riposte habituelles. Pour la maîtriser, une riposte à plusieurs niveaux, ancrée dans la communauté, a été mise en place à Khartoum et à Tawila. Cette riposte combinait les protocoles classiques de lutte contre le choléra avec des stratégies communautaires peu coûteuses, conçues pour un déploiement rapide dans des contextes d’insécurité. L'approche locale comprenait des points de micro-hydratation orale et à domicile, la chloration des eaux usées et le programme « amis chlorateurs », un système de suivi des rumeurs et de communication des risques, des cellules de sensibilisation animées par des femmes et des jeunes, des lignes d'assistance téléphonique simples, une gestion optimisée des approvisionnements et une responsabilisation réciproque (2).
Les enseignements tirés de cette approche offrent des pistes aux pays confrontés à une instabilité similaire :
Rapidité et intégration : Le déploiement rapide et synchronisé d'unités de traitement, d'équipes d'intervention rapide, de la vaccination, des services d'eau, d'assainissement et d'hygiène, ainsi que de la communication communautaire s'est avéré réalisable, même en contexte de conflit.
Actions au niveau des ménages : La chloration de l'eau à domicile, l'hygiène des mains et l'orientation rapide depuis les points de réhydratation communautaires ont permis de réduire les cas graves, notamment lorsqu'elles étaient intégrées aux visites de sensibilisation.
Confiance communautaire : L'implication des responsables locaux, des femmes et des jeunes, combinée à un système de retour d'information rapide sur les rumeurs et la communication, a amélioré le recours précoce aux soins et la couverture vaccinale.
Logistique d'urgence : Des couloirs humanitaires négociés au préalable, une diversification des fournisseurs et des micro-dépôts prépositionnés ont été essentiels pour prévenir les ruptures de stock et les défaillances d'approvisionnement du dernier kilomètre.
L'épidémie de choléra au Soudan illustre comment un conflit et une crise humanitaire peuvent rapidement submerger les capacités du système de santé. Cependant, cette expérience démontre que des réponses efficaces et ancrées dans la communauté demeurent possibles, même dans les contextes les plus difficiles. Elle souligne aussi l'urgence d'intégrer la préparation au choléra à des stratégies plus larges de résilience du système de santé.
Pour plus d'informations sur l'approche communautaire,
le rapport complet est disponible ici.